Blog - Donner une nouvelle dimension à la collecte de données

pour augmenter la valeur opérationnelle des supply chains.

L’exemple du contrôle de la chaîne du froid.


Photo by Dev Benjamin on Unsplash


Toutes les industries partagent un objectif commun : garantir la qualité et la conformité de leurs produits. Il leur faut donc contrôler chacune des étapes du parcours du produit. Une nécessité pas si simple à mettre en place en réalité, du fait de la multiplicité des sources de données, de leur diversité et de leur capacité – ou pas – à s’interconnecter pour livrer des analyses exploitables d’un point de vue métier et permettant la résolution de problèmes concrets.

Un enjeu auquel la traçabilité « nouvelle génération », qui utilise les nouvelles technologies (blockchain, big data, digitalisation, etc) pour devenir bout en bout et temps réel, apporte des réponses rapides et concrètes. Prenons l’exemple particulièrement parlant du monitoring de la chaîne du froid, au travers d’un cas réel que nous avons développé chez Tilkal sur le transport de produits frais.

L’enjeu de la visibilité sur la supply chain pour en maîtriser la performance


À l’instar de la plupart des évènements constituant le cycle de vie d’un produit, la chaîne du froid se compose d’une multitude d’étapes dont la continuité est essentielle (chargement, transport, réception, stockage, etc).

Idéalement, aucun maillon ne doit céder sous peine d’anéantir l'effort général déployé pour aboutir à un produit intègre et de pénaliser l’ensemble de la filière : perte de la confiance des consommateurs, procédure de retrait-rappel, pertes économiques directes liées à la diminution de la consommation et à la destruction des produits, problèmes de responsabilisation et relations commerciales détériorées.

Dans le cas de notre client, des produits frais expédiés aux distributeurs sont régulièrement signalés comme non-conformes à la réception, générant pertes financières et tensions entre les acteurs. Le manque de visibilité sur chacune des étapes de la chaîne du froid provoque l’impossibilité de déterminer l’origine et la responsabilité des dégradations, et donc d’y remédier efficacement.

Sur le terrain, c’est en général l’utilisation de capteurs IoT (Internet of Things) qui permet de capturer des informations durant le transport de produits frais. Cependant, si l’IoT, comme d’autres sources de données existantes (ERP, RFID, Excel, audit, etc), est une technologie aboutie et efficace, il fournit une vision partielle et isolée de la supply chain. Une rupture de la chaîne du froid a été détectée, mais à quel moment du trajet ? Ce trajet s’est-il déroulé normalement ? Comment et quand s’est déroulé le chargement ? Le déchargement ? À elles seules, les données IoT s’avèrent insuffisantes pour construire une visibilité bout-en-bout de la chaîne du froid en terme de flux, analyser les anomalies et agir.


En réalité, c’est donc le manque de capacité à collecter et agréger des données de sources diverses qui fait défaut, car les croiser - comme on le ferait de différents points de vue - offrirait une lecture documentée des faits pour déterminer l’origine des anomalies.

Combiner les sources de données pour gagner en visibilité : la réponse blockchain


L’enjeu repose donc sur la capacité à collecter des données nouvelles pour mieux analyser et résoudre les problématiques existantes. C’est en incitant les différents acteurs à participer à la collecte de la donnée tout au long de la chaîne, en confiance et en responsabilité, et en agrégeant l’ensemble de ces informations, que l’on peut reconstituer la vraie vie du produit et générer une analyse source de valeur. Et c’est là que la technologie blockchain prend tout son intérêt.

Car blockchain permet de mettre en place très facilement un réseau décentralisé de collecte et de partage des données, qui les rend infalsifiables et garantit leur auditabilité : on peut être sûr de qui a déclaré quelle information, et à quel moment. La conséquence directe de ce point est de créer le mécanisme recherché de responsabilisation et de confiance des acteurs sur l’information qu’ils partagent avec des partenaires qu’ils ne connaissent souvent pas (voir notre article pour approfondir). Un avantage sérieux pour engager ses partenaires, étendre la traçabilité et gagner en compréhension sur l’ensemble des opérations.

C’est donc ce schéma, celui d’une traçabilité « moderne » basée sur blockchain, qui a été mis en place avec notre client, en collectant de manière sécurisée, responsabilisante et auditable, des données issues de 3 sources différentes et complémentaires (industriel, transporteur, distributeur).

La valeur de la traçabilité se joue à la qualité de la brique analytique qui la soutient

Dans notre cas d’usage, nous avons pu réunir différents types de données pour les analyser.

Des capteurs IoT ont été implantés dans des camions réfrigérés pour collecter quatre types de données : ouverture des portes des camions, localisation, température, variations de lumière et vitesse. Ceci représente aujourd’hui plus de 100 000 data points collectés chaque jour et notarisés dans le réseau blockchain.

Extrait de la Tour de Contrôle de traçabilité | Vue client des relevés des données IoT consignées dans la blockchain et restituées sous forme graphique

Ces données sont ensuite agrégées dans la Tour de contrôle de notre client avec d’autres informations collectées au long de la chaîne, ici les bons de commande ou de livraison par exemple, qui nous permettent de connaître l’origine, le trajet, le temps de circulation et la destination des camions.

La brique analytique de la plateforme, basée sur des techniques de big data, apporte la « touche finale » et offre une lecture de ce que toutes ces données collectées et agrégées ont à révéler sur la « vraie » vie du produit. Les erreurs de fonctionnement sont mises en évidence, rapportées par des alertes et rapports en temps réel.

Extrait de la Tour de Contrôle de traçabilité | Vue client du trajet reconstitué et des informations de transport

Ainsi, grâce à la collecte des données via blockchain, qui permet de retracer de manière infalsifiable l’historique des événements, et à nos algorithmes d’analyse, nous avons pu identifier la cause des dysfonctionnements repérés, établir la responsabilité des acteurs concernés et restaurer l’intégrité de la chaîne et du rapport commercial en quelques semaines.

Dans le cas du contrôle de la chaîne du froid, comme dans d’autres problématiques opérationnelles et business liées aux suppply chains, il est donc possible aujourd’hui, grâce à une traçabilité plus étendue, plus sécurisée et plus ambitieuse, d’apporter des solutions concrètes, à court, moyen et long terme pour garantir de meilleurs produits.


Un article de Louis Mestrallet, chef de projet chez Tilkal.