Textile : la traçabilité pour construire la supply chain de demain ?

Updated: Aug 25


“No man’s land”, une oeuvre de l’artiste français Christain Boltanski’- Photographe: Stan Honda/AFP/Getty Images


Les supply chains sont entrées dans une phase de restructuration profonde, et la question de la traçabilité est devenue d’autant plus centrale. Le choc provoqué par la pandémie du Covid-19 a mis en lumière la nécessité de construire des supply chains plus résilientes et plus performantes tous secteurs confondus, qui seront à même d’affronter les crises et de relever les défis à venir, notamment environnementaux. Or encore aujourd’hui, l'information générée d'une étape à une autre de la fabrication d’un produit reste difficile à collecter. Cela entraîne des dysfonctionnements multiples. Il est ainsi essentiel d’améliorer les systèmes de traçabilité afin de renforcer la visibilité globale sur le fonctionnement des supply chains.

La tâche est importante, mais les nouvelles technologies, comme la blockchain ou le big data, ouvrent des opportunités qui permettent de construire une traçabilité “moderne”. Cette traçabilité est la clé pour garantir à la fois la résilience et la performance des supply chains, tout en permettant aux industriels et aux marques de se différencier positivement.

Le secteur textile est un parfait exemple de cet état de fait, tant par la nature de ses enjeux, que par les bénéfices qu’une traçabilité optimisée est susceptible de lui apporter.

Une supply chain face à ses défis

Comme l’ensemble des secteurs industriels, le textile, et plus particulièrement l’habillement, est basé sur des chaines d’approvisionnements fortement fragmentées et opaques. Une faible visibilité sur les fournisseurs rang 2 et au-delà, génère des dysfonctionnements à l’origine de risques importants :

  • Opacité presque complète sur l’origine des composants, et perte de maîtrise du cahier des charges;

  • Coûts substantiels liés à la gestion des stocks, dus - entre autres - au manque de coopération entre les partenaires;

  • Impact écologique important lié au gaspillage d’ajustement;

  • Difficulté à répondre à la demande de transparence des consommateurs de plus en plus exigeants;

  • Prolifération des contrefaçons et des marchés parallèles…

Les conséquences de ces dysfonctionnements peuvent être désastreuses (le scandale du Rana Plaza est révélateur). Et elles rendent d’autant plus compliquée l’émergence de nouveaux modèles plus vertueux. En effet, comment garantir par exemple que le coton utilisé est effectivement bio et sans travail d’enfants, sans aucune traçabilité fiable de l’approvisionnement au-delà du fournisseur N-1 ? Comment s’assurer que le plastique recyclé utilisé dans des vêtements durables ne provienne pas d’usines frauduleuses qui produisent des bouteilles en plastique…exclusivement pour les “recycler” ? Comment garantir que la promesse faite au consommateur est bien respectée ? Ces exemples, issus de problématiques réelles, démontrent la nécessité d’établir une visibilité globale sur le fonctionnement de la filière.

Agir, mais comment ?

Aujourd’hui, c’est tout un secteur qui doit se réinventer. Mais cela prend du temps. Or du temps, l’industrie textile n’en a pas. Avec l’arrivée de la crise sanitaire liée au Covid-19, les ventes sont en pause (70m$ de perte en Q1 2020 pour Ralph Lauren, 300m$ pour Zara, 1,1mds$ pour Adidas) et les réseaux d’approvisionnement sont bouleversés. La reprise est pleine d’incertitude, et il faut aller vite vers un changement positif car ceux qui sauront se différencier et « montrer patte blanche » prendront une longueur d’avance. De même, ceux qui auront développé la plus grande maîtrise de leurs opérations seront aussi ceux qui pourront récupérer financièrement avec plus d’agilité.

C’est là que la “traçabilité moderne” entre en jeu. Par ses caractéristiques techniques, elle permet de déverrouiller l’accès à des données jusqu’alors inaccessibles, et d’alimenter des modèles d’optimisation logistique, d’augmenter le contrôle de cahiers des charges, et d’améliorer la qualité de l’engagement avec le consommateur. Le tout, sans impact sur les cycles de production.

Concrètement, pour répondre à ces promesses et être réellement déployable, une plateforme de traçabilité moderne doit présenter des caractéristiques simples :

  • principe de subsidiarité: pour rester simple et crédible dans son déploiement et sa maintenance, à travers toute une supply chain avec ses différences de maturités technologiques, une telle plateforme doit éviter de créer des interdépendances entre des systèmes (ERP, WMS) déjà bien complexes. Pour ce faire la décentralisation est essentielle.

  • contrôle et auditabilité des données: il est nécessaire de tenir compte des différences d’intérêt potentielles au sein d’une supply chain. Chacun maîtrise la confidentialité de ses données, mais est aussi responsable des données qu’il partage. Pour cela toutes les données fournies doivent être auditables (contenu et origine), et donc infalsifiables.

C’est ce modèle qui est fourni clé en main au cœur de la solution développée par Tilkal, sur base d’un réseau blockchain B2B réellement décentralisé. Il a permis par exemple de déployer des projets de transparence en 6 à 12 semaines, aussi bien que de mettre en place une traçabilité bout en bout auprès de plus de 120 partenaires répartis dans 4 pays, en moins de 12 mois.

Au-delà, la mise en place d’une infrastructure de traçabilité décentralisée entre différents acteurs permet de renforcer le rapport de confiance entre les partenaires. Or, comme soulevé par des cabinets comme Mckinsey ou Kearney, ce critère devient primordial pour renforcer la résilience des supply chains.

Une fois la solution déployée, les données nouvellement collectées sont agrégées pour reconstruire une vue complète du cycle de vie des produits, puis sont analysées pour générer de nouvelles sources de valeur et de bénéfices pour le secteur textile, comme par exemple :


  • Contrôle sur l’origine des composants d’un habit et transparence avec le consommateur, via par exemple un QR code apposé sur le produit. Il devient alors possible non seulement de communiquer une garantie sur l’origine du produit au consommateur, mais aussi de débloquer des capacités de croissance sur la seconde main ou le SAV.


  • Apporter une garantie d’authenticité du produit et garantir la trademark

  • Construire une visibilité des niveaux de stocks aux différents points de la supply chain pour optimiser le processus de production et de vente.


Observer le secteur textile nous permet d’apprécier l’ampleur des opportunités offertes par les nouvelles technologies pour construire des supply chains plus performantes et plus résilientes. De nombreux secteurs sont concernés (agroalimentaire, aéronautique, cosmétique, pharmaceutique…) et chacun, avec ses particularités, fait face au même enjeu. Tilkal a pour ambition de mettre en place une infrastructure qui permet de lancer cette transformation et de l’accompagner sur le court et le moyen terme, tout en construisant des fondations solides pour la supply chain de demain.

Un article de Guillaume Roger, Sales & Partnership Manager chez Tilkal.